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Economie Mondiale : (Iné)vitable incertitude

Posté par: Balla Mbaye DIOP| Lundi 09 juillet, 2018 08:07  | Consulté 99 fois  |  0 Réactions  |   
?L’incertitude modifie le comportement des ménages et des entreprises ?Les imprévus et leurs effets de second tour impliquent
qu’elle est, dans une certaine mesure, inévitable ?La politique économique doit éviter d’y contribuer ?Alors que la politique
monétaire vise à contenir l’incertitude, les mesures protectionnistes en génèrent et peuvent, à terme, freiner la croissance


L’incertitude modifie le comportement des ménages et des entreprises, en
particulier leurs décisions irréversibles impliquant un engagement long (achat
immobilier, investissements). Elle affecte aussi l’économie à travers les chocs
(événements inattendus) et les effets de second tour, ce qui explique qu’elle
puisse s’installer. Les chocs peuvent être de natures très diverses et relever
d’événements économiques ou non (politiques ou géopolitiques, par exemple).
Ensuite, l’évolution des statistiques économiques est une source permanente
d’incertitude, la réaction de l’inflation à une baisse du chômage en est un bon
exemple.
La politique économique peut aussi influencer l’incertitude et, si l’on se fie à la
littérature empirique sur les effets négatifs de cette dernière sur la croissance, il
est évident que la politique économique complique les choses. C’est pourquoi
les banques centrales communiquent sur leurs intentions et s’efforcent de
réagir aux nouvelles informations de façon prévisible : une fonction de réaction
stable de ces banques permet de contenir l’incertitude. L’effet de la politique
budgétaire est moins tranché : une expansion budgétaire contracyclique la
réduirait, à condition de disposer d’une marge de manœuvre, alors qu’une
impulsion procyclique (les récentes baisses d’impôt aux États-Unis) ajoute aux
pressions inflationnistes et, à terme, accroît l’incertitude. En politique
commerciale, les mesures protectionnistes génèrent de l’incertitude de
différentes façons : 1) la menace de relèvements des droits à l’importation
(avec l’illusion que l’économie se porte bien au regard de l’évolution des
importations, alors que celles-ci n’augmentent qu’en prévision des relèvements), 2) la crainte de représailles de la part des partenaires commerciaux,
3) les inquiétudes quant à l’impact sur l’inflation, les rendements obligataires, les taux de change, la politique monétaire, 4) la complexité d’analyser
l’impact sur les chaînes de valeur mondiales, 5) les interrogations sur l’érosion à terme de la compétitivité des secteurs économiques protégés. Une
des caractéristiques de l’incertitude est qu’à moment donné l’on parvient à un point de rupture. Les fondamentaux (l’utilisation des capacités, la
rentabilité) ont beau être robustes, si l’incertitude est forte et perçue comme durable, l’investissement en pâtira du fait du manque de visibilité : la
baisse de confiance est la goutte qui fait déborder le vase. Il s’ensuit des répercussions sur les embauches, la confiance et la consommation des
ménages. Pour l’instant, les enquêtes de conjoncture ne vont pas dans ce sens, mais le nombre croissant d’entreprises exprimant leur inquiétude est
un rappel utile de ce qui est en jeu.
 

William de Vijlder PNB Paribas

 L'auteur  Balla Mbaye DIOP
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Balla Mbaye DIOP
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